Le mot du Président

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Gérard Seibel

Une campagne qui se termine joliment

Depuis 5 ou 6 ans, Edwin et sa mère viennent dîner à La Soupe. Nous avons vu grandir Edwin : enfant puis jeune adolescent, aujourd’hui élève en seconde au lycée Bergson.  Certains mois de décembre, après l’avoir perdu de vue pendant 8 mois, nous avions peine à le reconnaître : dix centimètres de plus, un soupçon de moustache, une voix grave…mais c’était bien lui ! Nous étions contents de le retrouver ; ou plutôt : nous étions contents de nous retrouver.

Entrer en « contact » avec sa maman, polonaise, fut difficile. Discrète, se cachant sous une capuche noire, elle évitait tout dialogue ! Plusieurs bénévoles, toutes ces années, ont essayé de l’approcher mais en vain. Et puis à la fin de cette campagne, comme par miracle, elle s’est confiée à l’un d’entre nous, Bertrand.  Sans emploi, recueillie avec Edwin dans un foyer à Poissy, ils sont dans une grande précarité, mais ne se plaignent jamais. Travaillant dans une société de cosmétiques, Bertrand a réussi à la faire embaucher.

C’est la belle histoire de cette fin de campagne.

La campagne 2016-2017

Fréquentation

A part deux semaines de froid en dessous de zéro, ces quatre mois d’hiver ont été relativement cléments. Comme la distribution des repas se fait à l’extérieur sur le parvis de l’église, les conditions météo ont une incidence notable sur le service et l’accueil de nos « invités ». Beaucoup d’habitués que nous avons toujours plaisir à retrouver, quelques nouveaux. Nos « invités » ont fait preuve de patience et de sagesse tout au long de cette campagne.

Près de 29 000 repas ont été servis soit en moyenne quelques 237 repas par jour, comme l’année dernière.

Bénévoles
Comme chaque année, nous avons remplacé sans difficulté les départs des bénévoles (environ 10%), refusant même des offres de service.

Le renouvellement important de l’équipe de jour s’est fait en douceur grâce à la qualité et au dévouement des nouveaux venus.

Approvisionnements
Nos partenaires ont été fidèles au rendez vous (la Banque Alimentaire, Allianz, le CIC, La Banque de France et les boulangeries-pâtisseries du quartier), d’autres nous ont rejoints, notamment la Maison Burgess, producteur de poulets à Bernay dans l’Eure, ainsi nous avons pu servir à nos « invités » des repas variés et de qualité.

A souligner également : de jeunes étudiants qui récupéraient des fruits et légumes (bio) sur les marchés nous les ont livrés régulièrement. Belle solidarité.

Nous le répétons souvent à tous les nouveaux bénévoles,  le premier besoin exprimé par les personnes en situation de précarité est l’écoute. Ces personnes ont besoin d’un accueil humain, de reconnaissance, d’un lien social pour exister, exprimer leur détresse. Les écouter est le premier pas pour leur permettre  d’affronter la réalité, de « se reconstruire ».  C’est l’autre mission de La Soupe, elle est essentielle, nous y sommes très attachés.